Chères et chers collègues,
Depuis 2022, le Syndicat des Hospitalo-Universitaires (Le SHU) a engagé une série de recours juridiques, sans discontinuité, visant à corriger l'inégalité statutaire concernant la retraite des MCU-PH et PU-PH. Ces recours portaient sur :
- L’article 34 du décret n°2021-1645, excluant les émoluments hospitaliers du système de retraite de l'état.
- Les décrets n°2024-765 et n°2024-767 du 8 juillet 2024, imposant l’affiliation des HU à l’IRCANTEC.
Malgré une mobilisation constante et des arguments solides, le Conseil d’État (CE), dans sa décision du 19 août 2025, a :
- Déclaré un non-lieu sur la requête concernant le décret de 2021, celui-ci ayant été abrogé.
- Rejeté les recours contre les décrets de 2024, considérant leur légalité au regard de la loi du 27 décembre 2023.
Bien que le CE reconnaisse implicitement que les HU sont désavantagés, il considère que cette situation est conforme à la loi actuelle (amendement 33 de la loi Valletoux publié le 9 juillet 2024).
L’affiliation à l’IRCANTEC pour les émoluments hospitaliers est donc en place depuis le 1 septembre 2024 avec les conséquences que vous connaissez : taux de remplacement inférieur à 50%, baisse des rémunérations tout ou long de la vie active et fin de l’abondement est des avantages fiscaux associés.
Le SHU partage avec vous une profonde déception face à cette décision. Mais le combat ne s’arrête pas là. Le SHU poursuit son action syndicale, désormais orientée vers une réforme législative, voie possible à la vue des échéances à venir, et vers des voies de compensation de notre statut : revalorisation et augmentation du nombre d’échelon de la grille hospitalière, bonification pour service HU avant titularisation et augmentation du contingent de postes hospitalo-universitaires pour la promotion.
Une attention particulière sera faite sur le respect de l’application de la réforme des astreintes au 1er novembre pour les HU. En lien avec leur statut, le temps d’intervention sur place devant être soit récupérée soit rémunérer selon le principe de la permanence des soins.
Le SHU vous assure de son engagement indéfectible au côté des HU.
Alors que le Sénat a adopté, le 18 juin 2025, la proposition de loi portée par le ministre de la Santé Yannick Neuder visant à élargir l’accès aux études de médecine, les voix s’élèvent pour dénoncer une réforme jugée précipitée et potentiellement délétère pour la qualité de la formation médicale en France.
Le texte, qui supprime le numerus apertus au profit d’un système d’admission fondé sur les besoins de santé des territoires, entend répondre à la pénurie de médecins en augmentant significativement le nombre d’étudiants admis en deuxième année. Mais cette ambition se heurte à une réalité logistique et humaine que les universités ne peuvent ignorer.
Dans les facultés, la saturation est déjà palpable. Les infrastructures peinent à suivre la croissance des effectifs, les amphithéâtres débordent, et les services administratifs sont sous tension. Les doyennes et doyens, tout comme les étudiants, redoutent une dégradation de la qualité des enseignements, faute de moyens suffisants pour encadrer correctement les futurs praticiens.
Le problème est d’autant plus préoccupant du côté hospitalo-universitaire. Selon un communiqué du Syndicat des Hospitalo-Universitaires (SHU), le nombre de HU n’a pas évolué depuis 1996 — il aurait même diminué de 2,3 % — alors que le nombre d’étudiants et d’internes à former a été multiplié par trois sur la même période. Cette évolution en ciseaux met en péril l’encadrement clinique, pilier de la formation médicale. Les stages hospitaliers, déjà en tension, risquent de devenir des points de rupture dans le parcours des étudiants.
L’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) dénonce une réforme imposée sans concertation, qui pourrait conduire à une saturation des universités et à une baisse généralisée de la qualité de la formation. Les doyennes et doyens, eux, rappellent que les admissions ont déjà bondi de 50 % en dix ans, sans que les moyens ne suivent. Ils appellent à une planification réaliste et concertée, dans le cadre d’une Conférence nationale de santé.
Au-delà des chiffres, c’est la vocation même de la formation médicale qui est en jeu. Former mieux et plus de médecins, oui — mais pas au détriment de leur compétence et de leur encadrement par compagnonnage. Le SHU est ouvert à une discussion constructive avec les pouvoirs publics afin d'améliorer, par une formation adéquate, l'accès aux soins et répondre aux besoins criants de la population.
Le SHU, membre de l'INPH, se félicite de cette avancée collaborative qui prévoit une revalorisation de la majoration du forfait de base de 50% ainsi qu’une majoration des forfaitisations de 30%.
Rendez-vous en novembre pour la consolidation de ces mesures.
Le SHU membre de l'INPH se joint à ce communiqué pour soutenir l'ensemble des étudiants internes et médecins afin de se mobiliser contre cette mesure coercitive à l'installation.
Un préavis de grève illimitée à partir du 28 avril a été déposé par l'ISNI.
Le SHU salue l'élection du Professeur Isabelle LAFFONT à la présidence de la Conférence Nationale des Doyennes et des Doyens de Médecine.
Son programme ambitieux repose sur six priorités : renforcer le modèle hospitalo-universitaire, promouvoir la recherche et l'innovation, réformer les études de santé, territorialiser les facultés, universitariser les formations paramédicales, et soutenir les étudiants.
Après l'erreur stratégique du gouvernement pour la retraite des HU, il est essentiel de renforcer l'attractivité des carrières hospitalo-universitaires, en commençant par l'amélioration des grilles hospitalières, pour garantir l'excellence de la médecine française.
Le SHU a d’ores et déjà contacté les ministères concernés pour un programme de travail avec un calendrier sur 2025, l'objectif étant que les mesures prises sur l'amélioration de l'attractivité hospitalo-universitaire puissent être opérationnelles d'ici la fin d'année 2025.
Une discussion sur l'amélioration de retraite, bonification du parcours avant titularisation, doit être également ouverte.
Le SHU salue les nominations de Yannick NEUDER au ministère chargé de la santé et de Philippe BAPTISTE au ministère chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Le SHU sera attentif sur la mise en place d'un plan de santé globale, d'une formation attractive et encadrée sur tous les territoires autour de l'université et d'une recherche en santé de pointe financée et libérée.
Frédéric Bargy, éminent représentant syndical des hospitalo-universitaires, est décédé le 20 décembre 2024.
Né en 1949, Frédéric Bargy a fait ses études de médecine à Paris Ouest. Après avoir été IHP en chirurgie et particulièrement en chirurgie pédiatrique, c’est dans le laboratoire de Christian Cabrol qu’il devient AHU d'anatomie. Élève de Jean Bienaymé à Saint Vincent de Paul, il y est nommé en Anatomie, MCU-PH en 1986 puis PU-PH en 1989.
Il a été responsable du laboratoire d'Anatomie de la faculté de Cochin entre 1989 et 2003. Auteur de plusieurs ouvrages d’anatomie, chirurgie pédiatrique, exploration prénatale, il était un enseignant passionné et passionnant, chercheur invétéré, clinicien novateur, aimé de ses patients et collaborateur.
Il était aussi un syndicaliste convaincu. Il s'est investi dans le SNPHU comme trésorier en 1995 et a été élu président en 1999, fonction assumée pendant près de 15 ans.
On lui doit les négociations pour l'abondement du PERP et les autorisations d'absence. Il fut aussi le chantre permanent de l'unicité de la mission HU, la présentant comme "la sainte trinité" : « En opérant, je soigne et j'enseigne aux étudiants le geste et le pourquoi du geste, en formant les étudiants, je cherche à explorer ce qui pourrait faire avancer la discipline, résultant en une amélioration du soin ». La soi-disant "triple" mission est « une et indivisible », répétait il. Ce principe reste le mantra de notre syndicat HU devenu unitaire, le SHU.
Le Syndicat des Hospitalo-Universitaires adresse à Sylvie Beaudoin son épouse, leurs enfants et familles, ses condoléances les plus sincères.
Magazine de l'INPH Numéro 30
