Le SHU actus

Mars 2020

La situation sanitaire qui touche le pays et le monde place l’ensemble des hospitalo- universitaires au cœur de l’action. Plus que jamais, nous toutes et tous sommes mobilisé-es au service de la Nation.
Le SHU a décidé que les préoccupations statutaires qui nous ont mobilisées au cours des derniers mois devaient passer au second plan. Ainsi, nous avons annulé un rendez- vous avec le MESRI au sujet de la réforme des retraites prévue mardi 17 mars par exemple. Le Gouvernement a fait connaître le gel des réformes en cours. Nous ne perdons pas de vue ces enjeux et reprendrons notre action seulement en temps voulu.
Le syndicat est à l’écoute des collègues qui en éprouveraient le besoin. Ne restez jamais seul-es, ni devant l’isolement, ni devant l’épuisement. Vous pouvez nous contacter via le secrétariat en tant que de besoin.

Plate-forme de revendications syndicales hospitalo-universitaires

Liberté a été donnée aux HU, depuis leur création, d’exercer avec autonomie et responsabilité la plénitude de leur mission hospitalo-universitaire dans toute sa diversité. Cette approche visionnaire a été une source du rayonnement d’un système de santé dont on a pu longtemps s’enorgueillir. De multiples évolutions ont pourtant insidieusement dénaturé cet esprit fondateur, aboutissant à une perte d’attractivité que peu auraient anticipé.

Le Syndicat des Hospitalo-Universitaires (le SHU) rappelle le caractère fondamental du maintien d’une mission unique des HU associant recherche, enseignement et soins et refuse que son élargissement à la gestion hospitalière soit de nature à la remettre en cause.

 1 Améliorer le statut hospitalo-universitaire

• en alignant les émoluments hospitaliers des MCU-PH et des PU-PH sur la base d’une grille unique revalorisée, attractive vis-à-vis de l’exercice privé ;

• en autorisant un aménagement du temps de travail des HU de façon provisoire pour raisons personnelles, tout en maintenant l’indissociabilité de la mission HU.

• en revalorisant la prime d’exercice public exclusif à 2 000 € mensuels afin de tenir compte des fortes disparités de revenus avec l’exercice d’un secteur privé à l’hôpital, ce dernier devant être maintenu ;

• en autorisant l’utilisation de titre de professeur par les MCU-PH.

2  Améliorer la carrière hospitalo-universitaire

• en assurant une progression d’échelons plus rapide en début de carrière ;

• en revalorisant fortement la rémunération universitaire des MCU-PH et des PU-PH en constante érosion depuis 30 ans ;

• en intégrant automatiquement les MCU-PH hors classe titulaires d’une HDR dans le corps des PU-PH.

3 Améliorer les retraites 

• en prenant en compte l’intégralité des primes dans le calcul de la retraite universitaire ;

• en créant un système de retraite complet sur l’ensemble desrémunérations hospitalières (émoluments, primes et gardes).

4 Améliorer l’attractivité hospitalo-universitaire

• en consacrant la prééminence statutaire de l’université sur l’hôpital

• en évitant la prolongation inutile sur des statuts précaires  des candidats en mesure de passer les concours HU ;• en fluidifiant le passage de MCU-PH à PU-PH dès l’obtention de l’HDR

• en facilitant l’exercice des activités de recherche au sein d’équipes hospitalo-universitaires d’une dimension suffisante pour assurer l’ensemble de leur mission et favoriser la progression des plus jeunes

• en offrant de nouveaux modes d’exercice hospitaliers selon le principe du « CHU hors les murs», avec la participation obligatoire des doyens dans l’agrément de la valence hospitalière.

O. Boyer interroge F. Vidal

A la réunion annuelle des directeurs d’unités INSERM du 11 février 2020, O. Boyer, président du SHU, interroge la ministre : “les HU sont-ils concernés par les hausses de salaires prévues pour les enseignants-chercheurs? Ne seront-elles pas totalement appréhendées par les importantes hausses de cotisations retraite à venir?”

Mme la Ministre F Vidal: Les HU bénéficieront des mêmes mesures de progression salariale que les enseignants chercheurs. Les hausses de cotisations retraite seront compensées par ailleurs, par un dispositif ultérieur indépendant. C’est un engagement du gouvernement.

Le SHU actus

Février 2020

Appel à la grève le 14 février 2020

Depuis plusieurs mois, de nombreuses organisations dont le SHU se sont mobilisées sans relâche pour demander les moyens nécessaires au fonctionnement du service public hospitalier exsangue. Nombre d’entre nous ont démissionné de leurs responsabilités hospitalières. Nous constatons avec inquiétude que l’appréciation de la gravité de la situation par les pouvoirs publics est dramatiquement insuffisante.

C’est pourquoi le SHU appelle ses adhérents, PU-PH, MCU-PH, PHU, CCA, AHU et d’une façon générale l’ensemble des HU à la grève le 14 février 2020. Nous demandons, avec l’INPH dont nous sommes membre, l’ouverture de véritables négociations, afin de mettre en œuvre sans délai, un plan de sauvetage à la hauteur des enjeux pour l’hôpital public, pilier de la confiance de nos concitoyens en notre système de santé.

Il invite à manifester à Paris ou à se joindre à toute action locale défendant l’hôpital public. Le SHU invite ses membres à apporter leur soutien à leurs collègues praticiens hospitaliers et internes engagés dans ce mouvement.

N’oubliez pas de vous déclarer gréviste. Le SHU a adressé à cette fin à la Ministre des solidarités et de la santé un préavis de grève.

Retraites, de qui se moque-t-on ?

Après nos demandes réitérées de rendez-vous avec la Ministre des solidarités et de la santé sur le thème spécifique du volet hospitalier de la retraite HU, nos appels sont restés sans réponse. Considérant le système calamiteux des retraites HU actuel, il est désolant de voir que la réforme va encore altérer l’attractivité par une baisse des émoluments hospitaliers si ceux-ci ne sont pas revalorisés comme nous ne cessons de le demander.

La Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, consciente du délabrement des retraites universitaires si la reforme venait à être adoptée, a communiqué sur des évolutions salariales concernant les enseignants chercheurs sans clarifier si elles s’appliqueraient aux HU et pour quel montant. Nous l’avons sollicitée à plusieurs reprises pour demander un rendez-vous sur ce volet universitaire de la retraite HU. Sans réponse.

Après plusieurs reports de rendez-vous, le secrétaire d’état chargé des retraites que nous devions rencontrer le mardi 11 février nous a fait notifier l’annulation pure et simple de ce rendez-vous.

Nous nous posons la question de la méthode de ce gouvernement qui manifeste du mépris vis-à-vis des HU dont on connait l’engagement au service de la santé, de la recherche et de la formation.

Le SHU actus

Décembre 2019

Point d’actualité sur les retraites des HU : repartir des fondamentaux

Les HU titulaires (MCUPH et PUPH) font partie de la fonction publique de l’Etat et appartiennent aux différents grades universitaires d’enseignant-chercheurs. Dès la création, l’article portant statut des personnels enseignants et hospitaliers des centres hospitaliers et universitaires précise qu’ils « constituent des corps distincts des autres corps enseignants des universités et des praticiens hospitaliers », mais «demeurent soumis aux dispositions statutaires applicables au personnel titulaire des corps enseignants des universités et aux praticiens hospitaliers.» Contrairement aux autres universitaires, les hospitalo-universitaires  exercent donc « des fonctions d’enseignement pour la formation initiale et continue, des fonctions de recherche et des fonctions hospitalières ». Les hospitalo-universitaires reçoivent ainsi une rémunération complémentaire au titre de cette activité hospitalière, les « émoluments hospitaliers ». Les émoluments hospitaliers ne sont pas soumis à d’autres retenues pour pension que celles opérées au titre du régime public de retraite additionnel (RAFP, de niveau faible, portant sur les primes). Ces émoluments ne sont donc pas soumis à cotisation et n’ouvrent pas droit à une pension de retraite.

La situation des hospitalo-universitaires en matière de rémunération est donc particulière du fait de leur « bi-appartenance ». Bénéficiaires de deux éléments de rémunération principaux, un traitement de la fonction publique et des émoluments hospitaliersils ne cotisent que sur leur traitement de fonctionnaire et n’acquièrent aucun droit à retraite pour leur activité hospitalière (y compris les gardes !)

A ce titre, il faut souligner l’écart très important entre …

Chèr-e adhérent-e, retrouvez l’intégralité de notre note sur les retraites dans vos courriels ou demandez-la au secrétariat : perez@snhu.fr (09 72 59 07 60).

…Ces questions sont aujourd’hui sans réponse mais seront mises sur la table des négociations quand elles s’ouvriront (cf. courrier au secrétaire d’Etat chargé des retraite). Un mécanisme compensatoire, tel celui annoncé par la ministre de l’Enseignement supérieur, la Recherche et l’Innovation pour les enseignants-chercheurs doit être mis en place pour les HU. Les émoluments hospitaliers devront être augmentés significativement (cf. plateforme de revendications pour l’attractivité) afin qu’une éventuelle cotisation retraite ne vienne pas diminuer des revenus déjà insuffisamment attractifs. 

Le Conseil d’Administration du SHU vous souhaite une bonne année 2020.

Courrier adressé le 27 décembre à M. Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat chargé des retraites

(un courrier a été adressé en parallèle à Mmes. Frédérique Vidal et Agnès Buzyn)

Monsieur le Ministre,

les hospitalo-universitaires (HU) appartiennent à la fonction publique d’Etat en tant qu’enseignants de l’université. Ils perçoivent, à leur retraite, une pension qui sera impactée négativement par le projet de réforme car leur niveau de primes est faible et que la base de calcul des 25 meilleures années sera très défavorable par rapport au système actuel. Ils perçoivent en parallèle des émoluments hospitaliers n’ouvrant pas droit à la retraite, une situation perçue depuis toujours comme une grave injustice. Pour y remédier partiellement, ils peuvent cotiser à une assurance spécifique (COREM, Préfon….) et bénéficier d’un abondement plafonné de l’hôpital.

La carrière HU est en perte d’attractivité, ce qui met en danger la recherche et la formation en santé, tant des futurs professionnels du public que du privé, ainsi que la qualité des soins et l’avenir de l’hôpital public, en particulier des CHU. Outre la question de la faible attractivité des rémunérations et les difficultés croissantes de l’exercice hospitalier, la perspective d’une dégradation de la retraite, déjà jugée comme catastrophique, constitue un élément de préoccupation alarmant. L’attention de votre prédécesseur, Monsieur Jean-Paul Delevoye, a déjà été précocement attirée sur ce sujet.

Le SHU (ex-SNHU, ex-SNPHU) est le principal syndicat représentatif des HU. Nous demandons l’ouverture de négociations sur la question spécifique des retraites HU et sollicitons à nouveau un rendez-vous urgent à ce sujet. Dans la mesure où la retraite HU comporte un volet universitaire et un volet hospitalier, nous nous adressons également ce jour à Madame la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ainsi que Madame la ministre des Solidarités et de la santé. 

Veuillez agréer, Monsieur le ministre, l’assurance de ma haute considération.

Pr Olivier Boyer, président du SHU

Appel à la grève le 17 décembre

L’hôpital public, notamment les CHU, demeurent en péril malgré les premières annonces du gouvernement. Le SHU réitère son appel à les compléter, tant sur le plan du financement des établissements que de l’attractivité des carrières et de la gouvernance des hôpitaux :

– augmentation du budget hospitalier au moins égale à l’évolution naturelle des dépenses ;

– revalorisation des carrières et amélioration des conditions de travail, notamment pour les jeunes hospitalo-universitaires ; 

– gouvernance partagée plus ouverte aux professionnels médicaux, pharmaciens et odontologistes ;

– ouverture des négociations sur la question spécifique de la retraite des hospitalo-universitaires.

Nous appelons les hospitalo-universitaires à cesser le travail le 17 décembre et à rejoindre les manifestations qui auront lieu notamment à Paris à cette date. Un préavis de grève est déposé en ce sens.

En soutien aux internes en médecine et en pharmacie qui ont appelé à faire grève dès le 10 décembre, le SHU demande à ses membres et à l’ensemble des hospitalo-universitaires de témoigner leur solidarité à l’égard de leurs futurs collègues.

Le SHU est membre de l’INPH.