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28.07.2026 : L'explosion des effectifs étudiants ne peut plus être absorbée par un corps hospitalo-universitaire à effectif constant

La réforme du troisième cycle des études médicales, mise en œuvre en 2004, a constitué un tournant majeur dans l'organisation de la formation médicale en France. En remplaçant les concours de l'internat par les Épreuves Classantes Nationales (ECN) et en intégrant la médecine générale au troisième cycle, elle a placé l'ensemble des futurs médecins dans un dispositif unique de formation spécialisée. Depuis, les effectifs en formation n'ont cessé de croître. Ils sont passés de 3 988 postes lors de la mise en place à environ 10 434 internes attendus dans les CHU et hôpitaux pour la prise de poste en novembre 2026, soit une multiplication par 2,6.

Dans le même temps, les admissions en deuxième année de médecine sont passées d'environ 5 500 étudiants au début des années 2000 à 9 361 en 2020, date de suppression du numerus clausus. La progression s’est poursuivie dans le cadre du numerus apertus et des objectifs nationaux pluriannuels de formation avec un chiffre d’environ 11000 pour la filière médecine.

La croissance considérable en volume s'est accompagnée aussi de transformation de l’ingénierie pédagogique. Elle s’est complexifiée avec plusieurs réformes non coordonnées (PASS-LAS, EDN, ECOS) et s’est accompagné de l’introduction d’un enseignement par compétences, d’un suivi individualisé des parcours et de l’apprentissage par simulation. Ce changement d’échelle, en quantité et en qualité, c’est traduit par un investissement majeur du personnel hospitalo-universitaire titulaire en médecine (PU-PH et MCU-PH) alors que leurs effectifs sont demeurés stables, voire en légère diminution. L'augmentation continue des effectifs étudiants et des internes fait peser un risque croissant sur la qualité de la formation médicale, en raison d'un taux d'encadrement qui ne progresse plus au même rythme que les besoins pédagogiques d'études reposant sur l'articulation indissociable entre enseignement théorique et apprentissage clinique au lit du patient ou par simulation.

Cette augmentation de la charge de formation s'accompagne aujourd'hui de signaux préoccupants concernant l'attractivité des carrières. En dix ans, le nombre d'hospitalo-universitaires placé en disponibilité a été multiplié par 2,61 ,les convenances personnelles représentant près des trois quarts des motifs invoqués. Ces données traduisent la difficulté croissante à concilier les exigences d'une carrière hospitalo-universitaire avec les attentes des nouvelles générations. Bien que les démissions restent faibles grâce à l’engagement exceptionnel des hospitalo-universitaires2, un pic d’alarme a été constaté en 2019.

L'accroissement des effectifs étudiants et des internes doit désormais s'accompagner d'un plan massif de recrutement hospitalo-universitaire, fondé sur l'ouverture de postes supplémentaires de MCU-PH et de PU-PH dans l'ensemble des disciplines médicales. Il est indispensable que l'évolution des moyens humains de formation soit enfin alignée sur celle des effectifs à former.

Au-delà de la création de postes, une politique ambitieuse d'attractivité des carrières hospitalo-universitaires doit être engagée pour compléter significativement les efforts consentis jusqu'à présent. Les difficultés de recrutement observées dans de nombreuses disciplines témoignent de la nécessité de revaloriser significativement les rémunérations, les conditions d'exercice, les perspectives de carrière, ainsi que la reconnaissance des activités d'enseignement et de recherche.

En conclusion, si l'augmentation du nombre de médecins formés constitue une nécessité pour notre système de santé, elle ne peut être obtenue au prix d'une dégradation du taux d'encadrement. Les études médicales ne sont pas une formation de masse : elles reposent sur la transmission des savoirs, l'apprentissage au contact des patients et un accompagnement pédagogique individualisé qui exigent des moyens humains à la hauteur des ambitions de formation

 

Communiqué

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